S’aimer en Dieu...
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Le Coran en témoin du temps entre autre, restitue la beauté de certains hommes sous des formes d’écritures indélébiles. En effet, il témoigne des pieux, de ces figures emblématiques confiantes malgré les épreuves de la vie. Il pose le problème de notre faible nature et de notre impossibilité à affronter les exigences de la pure et simple réalité. Nous vivons dans une acception vague et convenue presque irréfléchie d’un destin non choisi, se dissimulant sous une faiblesse originelle pour déverser le venin du mal. Comme tout ce qui existe par l’humanité, et comme pour tous ceux qui vivent humainement, la grande affaire du monde, son problème, son recours et son impossibilité à rester éternelle, c’est la réalité de ce qui est, cette réalité dévoilée dans le livre sacré, celle d’un monde éphémère !

Les savants raisonnés conquièrent lentement par l’usage de la plume cette réalité au péril de leur humaine maladresse, prenant la charge du monde sur leur dos pour vulgariser la parole divine auprès de la surdité humaine. Malgré les efforts sincères fournis par ceux-ci, combien sont critiqués, bafoués, insultés et victimes d’invectives humiliantes ! La corde spirituelle qui nous liait, est-elle devenue bien trop fragile pour que les mots de la douceur sortent de nos bouches calomnieuses et vociférantes ?

Le dénigrement a pris la place de la fraternité. L’orgueil de la modestie, l’avarice de la générosité. L’amour de soi prend le dessus sur l’amour de Dieu, du messager et de nos semblables. On se fâche, on cultive la rancune et on calomnie. On se pense meilleur et de nos pas lourds d’orgueil, nous labourons la terre corrompue par les semences de la dissension. Nous semons la discorde à chacune de nos avancées à croire que nous nous complaisons dans le mal.

Et puis, soudainement, le souvenir du frère de Foi alimente les discussions les plus sages.

Veux-tu que je te décrive, cher enfant, le visage du véritable croyant ?
« C’est cette personne qui donne et rend le salut. Lorsqu’elle voit une personne éternuée, elle invoque les bénédictions de Dieu sur celle-ci. Elle ne refuse pas les invitations. Elle tient ses engagements. Lorsqu’une personne est malade, elle est à son chevet et prie pour elle. Et à sa mort, elle participe à son cortège funèbre et prie toujours pour elle. C’est la personne dont les hommes n’ont à redouter ni la langue, ni la main. Elle n’injurie pas car ce serait là une perversité et elle ne combat pas ses frères car ce serait là une dénégation. Elle est pudique et ne dévoile pas les défauts, ni les siens, ni ceux des autres. Elle préfère le silence à la colère. La pauvreté à la richesse. Elle ne trompe pas, ne vole pas et ne calomnie pas. Elle se prive pour l’autre. Elle aime la douceur et les sages paroles. Elle est souriante. Et lorsqu’elle rie, elle le fait avec juste mesure. Elle se bat pour la vérité. Elle déteste le mensonge. Elle ne brandit pas les armes contre les siens mais serait prête sacrifier sa vie pour la satisfaction de Dieu. Elle offre plus qu’elle ne reçoit. Ses dons sont discrets. Elle ne se plaint pas. Elle est patiente. Elle est humble. Elle est juste. »

Le frère idéal, celui décrit à travers la parole de Dieu et matérialisé à travers notre messager Mohammed est-il devenu un doux et simple songe ? Que sommes-nous devenus les uns pour les autres ? Nous critiquons l’individualisme montant dans nos sociétés et pourtant nous contribuons par notre désinvolture et notre insouciance à accroître ce fléau. Afin de ne pas oublier que l’Islam est une religion qui ne lie pas seulement des hommes, mais aussi des frères. Voici quelques hâdiths triés sur le thème de la fraternité pour que l’amour que Dieu (exalté soit-il) a déversé par l’intermédiaire de Son messager ne soit pas un vague souvenir mais un modèle pour nous et pour que la mémoire puisse assurer la transmission aux nouvelles générations.

Le Prophète a dit : « Vous n’entrerez pas au paradis à moins d’avoir la foi. Et vous n’aurez pas la foi (complète) à moins de vous aimer les uns les autres. » (Hadîth rapporté par Mouslim)

Le Prophète a dit : « Il y a parmi les serviteurs de Dieu des gens qui ne sont ni des prophètes ni des martyrs, mais que les prophètes et les martyrs regarderont avec ravissement le jour du jugement à cause de leur place par rapport à Dieu. - Ô Messager de Dieu : dirent ses Compagnons, tu nous diras de qui il s’agit. - Il s’agira de gens qui se seront aimés pour l’amour de Dieu, sans qu’il y ait un lien de parenté entre eux ni qu’il y ait des biens à échanger entre eux. Par Dieu, leur visage sera lumière et ils seront assis sur de la lumière. Ils n’auront pas de crainte lorsque les gens craindront et ne seront pas affligés lorsque les gens le seront. » (Hadîth rapporté par Abû Dâoûd)
Aboû Oumâra al-Barâa Ibn Azib (qu’Allah soit satisfait de lui), rapporte : « L’Envoyé de Dieu nous a ordonné d’observer les sept préceptes suivants : il nous a ordonné de rendre visite aux malades, de suivre les cortèges funèbres, de souhaiter à celui qui éternue que Dieu lui fasse miséricorde, de respecter nos serments, de porter secours à l’opprimé, de se rendre aux invitations qui nous ont été adressées et de saluer (nos frères)... »
(Hâdith rapporté par Al-Boukhari et Mouslim)

Anas (qu’Allah soit satisfait de lui), rapporte ces paroles de l’envoyé de Dieu : « Ne rompez pas vos relations, ne vous ignorez pas, ne vous détestez pas, ne vous enviez pas, soyez des serviteurs de Dieu fraternels. Il n’est pas permis à un musulman d’ignorer son frère plus de trois jours (ou encore : de ne pas saluer son frère plus de trois jours). »
(Hâdith rapporté par Al-Boukhari et Mouslim)

Abû Idrîs Al-Khwalâni (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : « Je suis entré une fois à la mosquée de Damas quand j’ai vu un homme beau et souriant que les gens entouraient. A chaque fois qu’ils divergent sur une question ils la défèrent à lui et adoptent son opinion. Je m’enquit de lui et l’on me dit que c’est Mu’âdh Ibn Jabal (Que Dieu l’agrée). Quand ce fut le lendemain, je partis à la mosquée de bonne heure, mais il était déjà là entrain de prier. J’attendis qu’il terminât sa prière, j’arrivai à lui de face, je le saluai et lui dit :
- Par Dieu, je t’aime !
- Tu dis par Dieu ?
- Oui, par Dieu !
- Tu dis bien par Dieu, répéta-t-il.
- Oui, par Dieu.
Il me saisit par le pan du manteau et m’attira à lui en me disant :
- Alors cette bonne nouvelle, j’ai entendu le prophète de Dieu dire : Dieu exalté a dit : Réel est mon amour pour ceux qui s’aiment en moi, ceux qui se réunissent en moi, ceux qui se rendent visite en Moi et ceux qui s’offrent des cadeaux en Moi ! »
(Hâdith authentique rapporté par Mâlik dans Al-Muwatta)

L’envoyé de Dieu ( a dit : « Ne vous enviez pas, ne vous haïssez pas, ne tendez pas l’oreille pour écouter les entretiens secrets des gens, n’entrez pas dans des rivalités déloyales, ne vous espionnez pas, que les uns ne fassent pas monter le prix d’une marchandise sur le prix proposé par les autres sans intention de l’acheter, ne rompez pas vos liens les uns les autres, ne vous tournez pas le dos les uns aux autres, ne renchérissez pas les uns envers les autres. Soyez des serviteurs de Dieu en frère comme Il vous l’a recommandé. Le musulman est le frère du musulman, il ne lui fait pas d’injustice, ni ne lui refuse son soutien et ne le méprise pas. La piété est ici, la piété est ici (désignant sa poitrine). Il suffit à l’homme pour être mauvais de mépriser son frère musulman. Le musulman est sacré pour le musulman, son sang, son honneur et ses biens. Méfiez-vous de la conjecture car la conjecture est le parler les plus mensonger. Dieu ne regarde pas vos apparences, ni vos images, mais il regarde vos cœurs et vos actions. » (Hâdith authentique rapporté par Mouslim)

Abou Moûssa (qu’Allah soit satisfait de lui), rapporte que le Prophète Mohammad a dit : « (Le lien qui unit) le croyant à l’autre croyant est comparable (à celui qui existe entre) les pierres d’un édifice ; elles se maintiennent les unes par les autres. En disant cela, le Prophète Mohammad croisa les doigts (mimant ainsi le la solidité du lien). » (Hâdith rapporté par Boukhâri et Mouslim)

Abou Moûssa (qu’Allah soit satisfait de lui), rapporte que le Prophète Mohammad ( a dit : « Que celui qui traverse une de nos mosquées ou un de nos marchés, portant avec lui une flèche, en saisisse la pointe dans sa main de peur de blesser un musulman. » (Hâdith par Boukhâri et Mouslim)

Ibn Oumar (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète Mohammad a dit : « Le musulman est le frère du musulman, il ne se montre pas injuste à son égard et ne le livre pas (à ses ennemis). Allah aidera celui qui vient en aide à ses frères et Il soulagera des tourments du Jugement Dernier celui qui soulage un musulman dans l’affliction. Quiconque cèle les défauts d’un musulman, Allah cèlera ses défauts le jour de la Résurrection. »

Abou Houraïra (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète Mohammad a dit en ce sens : « Le croyant est le miroir du croyant et le croyant est le frère du croyant ; il le met à l’abri des malheurs et le protège derrière son dos. » (Hâdith rapporté par Abou Dâoûd et Tirmidhi)

D’après ’Abû Sa`îd Al-Khudrî (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète faisant un prône, s’exprima ainsi : « Allah, ayant donné à un de Ses serviteurs le choix entre les biens de ce monde et ceux qui sont par-devers Lui, cet homme a choisi ce dernier lot. ’Abû Bakr se mit alors à pleurer et dit : "Que nous sacrifions pour toi nos pères et nos mères !" Or, l’Envoyé d’Allah était ce Serviteur à qui Allah a donné ce choix et ’Abû Bakr était la personne la plus informée à son sujet. - "L’homme, dit le Prophète, qui a été le plus généreux vis-à-vis de moi avec son affection et sa fortune, c’est ’Abû Bakr. Si j’avais dû choisir quelqu’un parmi ma Communauté comme ami fidèle, certes j’aurais choisi ’Abû Bakr, mais la fraternité islamique et l’affection réciproque des fidèles (sont préférables à l’amitié). Qu’on ne conserve aucune porte particulière (poterne d’accès aux appartements) dans la mosquée sans la boucher, sauf celle de ’Abû Bakr. » (Hâdith rapporté par Mouslim)

Plus que de simples lectures passagères, ces hâdiths sont les clefs qui ouvrent les portes du cœur et laissent pénétrer la lumière divine afin de bercer l’humanité entière dans une chaleur fraternelle...


(Hâdith rapporté par Boukhâri et Mouslim)
Tel est le vrai visage de l’Islam !

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