Question

Que la paix soit sur vous.

Comment le jeûne est-il invalidé ? Est-ce que les actes suivants invalident le jeûne : les injections, se mettre le doigt dans l’oreille, les examens vaginaux, se rafraîchir le corps avec de l’eau, vomir ?
Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr


Concernant le jeûne, Allâh - Exalté soit-Il - dit : « Cohabitez donc avec elles [vos épouses], maintenant, et cherchez ce qu’Allâh a prescrit en votre faveur ; mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit. » [2] Il est aussi rapporté que l’un des Compagnons du Prophète - paix et bénédictions sur lui - lui dit : « Je suis ruiné ! » « Pourquoi ? », demanda le Prophète - paix et bénédiction sur lui. L’homme répondit : « J’ai eu une relation sexuelle avec mon épouse pendant une journée du Ramadân ». Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - lui enseigna alors comment expier cette faute.

Le verset et le hadith précédents indiquent que jeûner signifie s’abstenir de nourriture, de boisson et de relations sexuelles. Ainsi l’accomplissement de l’une de ces actions invalide le jeûne. Les juristes sont d’avis, de manière unanime, que celui qui commet l’un de ces trois actes doit rattraper son jour de jeûne, car cela est considéré comme une dette, et « une dette due à Allâh mérite davantage de considération » comme il est rapporté dans un hadith authentique. De plus, avoir une relation sexuelle nécessite une expiation majeure, c’est-à-dire affranchir un esclave. Si le musulman n’en est pas capable, il doit jeûner deux mois consécutifs. S’il en est toujours incapable, qu’il nourrisse soixante pauvres.

Les savants ont divergé sur la définition exacte des termes « nourriture » et « boisson ». Certains sont d’avis que ces termes désignent tout ce qui pénètre l’intérieur du corps d’un individu. Cependant, ils divergent aussi sur la compréhension du terme « tout » ; ils se demandent s’il faut le prendre dans son sens général ou s’il désigne quelque chose en particulier, comme la nourriture ou le fait de satisfaire son appétit charnel. Il y a aussi divergence sur la signification du terme « intérieur » : signifie-t-il l’estomac qui reçoit la nourriture et la boisson ? Désigne-t-il toute partie du corps invisible de l’extérieur ? Ou alors les organes chargés d’assimiler la nourriture et les médicaments ? Ainsi, certains soutiennent que se mettre le doigt dans l’oreille invalide le jeûne. À l’inverse, d’autres pensent que lorsque la nourriture atteint le corps sans passer par un orifice naturel, à l’aide d’une seringue par exemple, le jeûne n’est pas invalidé. D’autres font remarquer la chose suivante : si une substance atteignait la gorge par dessous les cheveux, à travers les pores, le jeûne serait-il invalidé en dépit du fait que cette substance aurait emprunté un canal non conventionnel ? D’autre part, certains avancent qu’insérer une seringue dans l’urètre n’annule pas le jeûne, même si ce dernier est un orifice naturel. Ne tenant pas compte de la vraie signification du jeûne et en généralisant le concept de nourriture à des éléments éloignés du sens littéral et coutumier du terme, ces juristes ont émis ces avis aussi divers et variés.

Cependant, parmi toutes les opinions des juristes célèbres, j’opte pour les avis suivants :

Le jeûne n’est pas annulé lorsque l’on met ses doigts dans ses oreilles, ou en les nettoyant à l’aide d’un coton-tige ou à l’aide d’une solution, car rien ne peut dépasser les tympans et arriver à la tête, qui de toute façon, n’a pas vocation à recevoir la nourriture et à nourrir le corps.

Le jeûne n’est pas rompu par les examens vaginaux, ni celui des hémorroïdes ou des amygdales à l’aide d’une cuillère ou d’un instrument de ce genre.

Un lavement (au sens médical du terme) n’invalide pas le jeûne à moins que l’instrument n’atteigne l’estomac.

Le jeûne n’est pas invalidé par les injections intraveineuses, intramusculaires ou sous-cutanées, car elles ne procurent pas la nourriture et la boisson de nature à satisfaire la faim et à étancher de la soif.

Par contre, les injections d’éléments nutritifs comme le glucose par exemple, sont considérées comme de la nourriture et annulent donc le jeûne. Celui qui reçoit ce genre d’injections peut se passer de nourriture car ces injections ont le même effet que la nourriture. Cela s’explique par le fait que lorsque la nourriture est digérée et assimilée, elle apporte au corps tout ce dont il a besoin grâce à la circulation sanguine. Ainsi, la nourriture peut être directement injectée dans le sang sans passer par le canal alimentaire conventionnel.


Se rafraîchir le corps avec de l’eau fraîche ou se gargariser n’invalide pas le jeûne car on a vu le Prophète - paix et bénédictions sur lui - verser de l’eau sur sa tête alors qu’il jeûnait, pendant une période de grande chaleur. Ce récit a été rapporté par Ahmad, Abu Dawûd et An-Nasâ’î. En effet, lorsqu’on se rafraîchit le corps, l’eau n’atteint pas l’estomac. Le but étant simplement de réduire la transpiration pour retenir l’eau dans le corps et réduire la soif qui s’ensuit.


Concernant le vomissement, il est rapporté que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a dit : « Quiconque n’a pu s’empêcher de vomir, n’a pas à recommencer son jeûne, tandis que celui qui l’a fait intentionnellement doit le refaire. » Les juristes définissent le vomissement comme étant la sortie des substances contenues dans l’estomac à travers la bouche. Si celui-ci est accidentel, le jeûne n’est pas rompu. S’il a été provoqué délibérément, le jeûne doit être renouvelé.

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