L’Importance et les Vertus de la Foi

Premier point
Avec la lumiere de la foi, l’homme atteint les plus hauts sommets et acquiert une valeur qui le rend digne du Paradis. Les tenebres de l’incrédulité le plongent dans les abimes et l’avilissent lui faisant ainsi mériter l’Enfer. La foi est un lien entre l’homme et son Glorieux Créateur. Notre valeur naît en utilisant notre foi pour démontrer l’art Divin et manifester les Noms Divins. L’incrédulité rompt ce lien, dissimulant ainsi l’art du Seigneur, et réduisant notre valeur a celle d’une simple entité physique sans valeur ou presque (une entité physique est périssable et n’est rien de plus qu’un animal éphémere).
Voici une parabole en explication : La valeur artistique des oeuvres de l’homme ne dépend pas de la valeur de la matiere dont elles sont faites. Les deux valeurs sont parfois égales, le matériau utilisé est parfois plus précieux que l’art lui-même, et vice-versa. Une oeuvre d’art de grande valeur peut etre faites de débris de fer d’une valeur dérisoire. En effet, un objet d’art ancien peut valoir des millions alors que sa matiere ne vaut guere plus de quelques centimes. Une telle oeuvre, attribuée a un artiste talentueux, se vendrait chez un antiquaire a des sommes faramineuses. Par contre, chez un forgeron, elle ne rapporterait que quelques centimes, le prix d’un vieux morceau de fer.
Aussi l’homme est-il une oeuvre d’art de Dieu, unique et inestimable, un miracle subtil et délicat de Son pouvoir, un etre créé afin de manifester tous Ses Noms et Ses inscriptions dans la forme d’un specimen, en miniature, de tout l’univers.
Si la lumiere de la foi le penetre, toutes ces inscriptions pleines de sens qu’il porte en lui, ainsi éclairées, deviennent lisibles. Les croyants manifestent ces inscriptions grace a leur lien avec le Créateur. Le croyant les lira lui-meme avec sa conscience et permettra aux autres de les lire. L’art du Seigneur, inhérent a l’homme, se révele a travers des affimations telles que : “je suis le produit et la créature du Glorieux Créateur, la manifestation de Sa Miséricorde et de Sa Générosité”.Autrement dit, la foi est un lien avec le Créateur elle montre toutes les traces de Son art contenu dans l’homme. La valeur de l’homme varie en fonction de sa capacité a refleter cet art. Ainsi, l’homme, insignifiant ( du point de vue materiel), s’éleve au-dessus de toute la création, devient l’interlocuteur de Dieu, un hote du Seigneur, et un etre digne du Paradis.
Mais si l’incroyance, qui est la rupture de ce lien, penetre l’homme, toutes les manifestations des Noms Divins sombrent dans l’obscurité et deviennent donc illisibles. Si L’Artiste est inconnu, comment les aspects exprimant la valeur de Son art peuvent-ils etre identifiés? Les exemples les plus éloquents de cet art sublime et élevé sont alors cachés. En termes matériels, les incroyants attribuent un tel art de telles inscriptions a des causes futiles, a la nature et au hasard, réduissant ainsi les diamants brillants en de vulgaires morceaux de verre. Ils n’ont alors pas plus d!importance que n’importe quelle autre entité matérielle, ils se condamnent eux-memes a une vie étouffante et éphémere, et ne sont guere mieux que l’animal le plus faible, le plus nmécessiteux et le plus malheureux, qui finira en poussiere. C’est ainsi que l’incroyance gache notre essence humaine, en changeant le diamant en charbon.
Deuxieme point
La foi étant lumiere, elle éclaire l’homme et rend lisible tous les messages que l’Eternel a inscrit en lui. Elle éclaire aussi tout le cosmos, délivrant le passé et le futur de l’obscurité. Voici pour expliquer ce myster de la foi, une parabole a laquelle fait allusion le verset coranique : Dieu est l’allié des croyants, il les tire des tenebres a la lumiere ( 2:257) .
Dans une vision, je me vis debout sur un pont tres impressionnant qui reliait deux hautes montagnes. Sous le pont se trouvait une profonde valée. Partout régnaient l’obscurité et les tenebres. Me tournant vers la droite, je m’imaginai en train de voir une immense tombe dans les tenebres, puis regardant vers la gauche, je crus voir de violentes tempetes, des calamités qui se préparaient au milieu de vagues terrifiantes de tenebres. Je regardai sous le pont et j’eus l’impression d’y voir une petite torche. Je l’allumai et a sa faible lueur j’apercus les choses les plus effrayantes. Sur le pont, d’horribles dragon, des lions, et des betes voraces surgirent devant moi et étaient si effrayants que je souhaitai soudain ne jamais avoir eu de torche; partout ou je la dirigeais, j’étais frappé du meme effroi.
Je’m’exclamai alors, furieux, “Cette torche ne m’apporte que des malheurs!” et je la jetai a terre. En la brisant, ce fut comme si j’avais allumé une gigantesque lumiere qui éclairait le monde entier. La réalité de toute chose devint apparente. Je vis alors que le pont était une grande route traversant une vaste plaine et que l’immense tombe, a ma droite, était en fait un manifique jardin verdoyant ou des assemblées d’adoration de priere, d’invocation et de discussions se tenaient sous la direction d’illustres personnes. Quant aux effroyables abimes que j’avais imaginés a ma gauche, ils s’averaient une somptueuse salle de festin, une plaisante avenue, un magnifique lieu de detente situé au pied de tres belles montagnes toutes en fleurs. Je réalisai aussi que les créatures que j’avai prises pour des betes monstrueuses étaient des animaux domestiques, des chameaux, des boeufs, des moutons et des chevres.
“ Dieu soit loué pour la lumiere de la foi” dis-je, puis je m’éveillai en récitant le verset suivant : Dieu est l’allié des croyants, il les tire des tenebres a la lumiere ( 2:257) .
Dans cette vision, les deux montagnes représentent le commencement et la fin de la vie, et la vie intermédiaire ( c’est-a-dire la vie entre la mort et la résurrection). Le pont est la durée de vie avec a ma droite, le passé, et a ma gauche, le futur. La torche représente l’ego de l’homme, prétencieux, se fient a ses propres connaissances et reussites, et refusant d’ecouter les Decrets Celestes. Ce que j’avais cru etre des betes sauvages était les évenements et les créatures étranges de ce monde.
L’homme qui s’est engouffré dans les tenebres de l’egarement et de l’insouciance parce qu’il se fiait a son ego, se trouve dans une situation similaire a la mienne quand je me fiais a la faible lueur de ma torche. Avec ses connaissances déficientes et erronées, il s’imagine que le passé est une grande tombe dans les tenebres du néant et que le futur, dicté par les tourbillons du hasard ou de la coincidence, est un lieu de terreur. Pour lui, les vissicitudes et les créatures de ce monde sont des betes sauvages, alors qu’ils sont en réalité les serviteurs soumis d’un Etres Sage et Miséricordieux, remplissant des fonctions spécifiques, et servant a des fins utiles en soumission a son Decret. Ainsi devient-il celui que le verset suivant désigne : Et quand aux infideles, leur alliés sont les idoles; elles les tirent de la lumiere aux tenebres[ (2:257).
Mais l’homme qui se laisse quider par Dieu, qui ouvre son coeur a la lumiere de la foi, brise son ego pharaonique, et prend le Livre de Dieu pour guide, se trouve dans la meme situation que moi, dans ma vision, apres avoir brisé ma torche. L’univers s’emplira alors de Lumiere Divine. Le monde entier récitera le verset suivant : Dieu est la Lumiere des cieux et de la Terre (24:35).
Avec les yeux du coeur, il ne verra plus le passé comme une tombe immense mais comme le passage, chaque époque sous la direction d’un prophete ou d’un saint homme, de communautés d’esprits purs qui, ayant accompli leurs devoirs dans cette vie ( lâdoration), prennent leur envol vers les cimes du monde futur avec les mots “ Dieu est Le Plus Grand” sur les levres.
Regardant a gauche, il apercevra au loin, a travers la lumiere de sa foi, au-dela des montagnes de révolutions du monde intermediaire et de L’Au-dela, un festin du Tres Misericordieux donné dans les palais du bonheur, au Paradis. Il reconnaitra que tempetes, tremblements de terre, épidemies et autres evenements de ce genre n’etaient rien d’autre que des serviteurs soumis, remplissant chacun une fonction déterminée. Il verra dans les vents et la pluie du printemps une source de sagesse malgres leur apparente violence. La mort sera pour lui le commencement d’une vie éternelle et la tombe, la porte qui donne sur une félicité sans fin.
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